Inde: la contestation des fermiers se poursuit aux portes de New Delhi

Publié le : 30/11/2020 – 17:19

À Singhu, à la frontière entre New Delhi et l’État de l’Haryana, des milliers de paysans du Pendjab mènent un blocage de l’autoroute, après avoir été empêchés d’entrer dans la capitale pour manifester contre les lois de libéralisation de l’agriculture.
À Singhu, à la frontière entre New Delhi et l’État de l’Haryana, des milliers de paysans du Pendjab mènent un blocage de l’autoroute, après avoir été empêchés d’entrer dans la capitale pour manifester contre les lois de libéralisation de l’agriculture. © Sébastien Farcis/RFI

Texte par : RFI

En Inde, des dizaines de milliers de paysans protestent contre la libéralisation de l’agriculture et les lois adoptées il y a deux mois par le gouvernement fédéral, une réforme qui facilitera l’entrée des entreprises privées dans le secteur. Les agriculteurs, venus principalement de la région du Pendjab, bloquent depuis trois jours plusieurs points d’entrée dans New Delhi. Ils demandent à pouvoir entrer pour manifester dans la capitale, ce que le gouvernement fédéral refuse.

Avec notre correspondant à New Delhi, Sébastien Farcis

Des dizaines de tracteurs sont garés en travers de l’autoroute, et bloquent l’une des entrées dans le nord de New Delhi. Au moins 3 000 paysans du Pendjab siègent ici, car la police leur interdit d’entrer pour manifester.

Jasbir Singh Piddi est le vice-président du Kisan Mazdoor Sangharsh Committee, à la tête de la contestation : « Nous avons commencé notre mouvement il y a deux mois au Pendjab et demandons le retrait de cinq lois du gouvernement. Car s’il les maintient, les entreprises comme Adani vont s’emparer des terres agricoles et les agriculteurs ne seront plus que des ouvriers à leur merci. »

Plus de garantie de prix minimum 

Jusqu’à présent, les transactions agricoles doivent se faire sur le marché public, où un prix minimum est garanti pour les denrées essentielles. Or cette réforme permet aux entreprises d’acheter aux paysans hors de ce marché. Le gouvernement soutient que c’est une nouvelle opportunité pour les agriculteurs, mais ces derniers désapprouvent.

« Nous pouvons déjà faire affaire avec les entreprises privées, par contre le marché public nous assure un prix minimum. Si le nouveau système privilégie les entreprises privées, le marché public va disparaître, et ces compagnies vont décider des prix qui les arrangent », explique Azad Veer Singh, agriculteur.

Le gouvernement a offert un terrain hors de New Delhi pour manifester, mais les agriculteurs considèrent que c’est une manière d’éloigner le mouvement.

Source: https://www.rfi.fr/fr/asie-pacifique/20201130-inde-la-contestation-des-fermiers-se-poursuit-aux-portes-de-new-delhi

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